Les textes
Les textes de l’album
Je voudrais dire

Je voudrais dire
Guénaëlle L. - Bruno Courtin

Je voudrais dire des choses belles
nouvelles
cruelles
Mais mes mots restent terre-à-terre
binaires
ordinaires
Je voudrais dire des choses tendres
comprendre
attendre
Mais je vous parle d’aventures
peu sûres
nature

Je voudrais dire des choses ardentes
vibrantes
puissantes
Mais je reviens aux choses douces
qui poussent
en douce
Je voudrais dire des choses brunes
qui allument
la lune
Mais je prends des images pâles
banales
sociales

Ce que je dis
N’est pas toujours ce que je suis
La musique ne ment pas souvent
Ce qui me hant’
N’est pas pourtant ce que je chant’

Je voudrais dire des choses rondes
qui fondent
le monde
Mais je suis sur la route étroite
qui boite
maladroite
Je voudrais dire des choses fortes
qui portent
confortent
Mais je me coule dans la foule
qui roule
me saoule

Ce que je dis
N’est pas toujours ce que je suis
La musique ne ment pas souvent
Ce qui me hant’
N’est pas pourtant ce que je chant’

Je voudrais dire des choses habiles
fragiles
subtiles
Mais j’aime mieux quand ma parole
un peu folle
s’affole
Je voudrais dire des choses amènes
sans haine
sereine
Mais quand je joue parfois c’est drôle
ces rôles
vous frôlent

Ce que je dis
N’est pas toujours ce que je suis
La musique ne ment pas souvent
Ce qui me hant’
N’est pas pourtant ce que je chant’

Je voudrais que ceux qui écoutent
mes doutes
s’en doutent
Il suffirait que l’on comprenne
que ma peine
est humaine

Les hommes de la sécurité

Les hommes de la sécurité
Gilles de Guérande / Guénaëlle L. - Bruno Courtin

Ce n’est que pour mon bien
Pas pour vous appauvrir
J’ n’ai pas d’autres moyens
Pour enfin les séduir’
Que de jouer à cach’-cach’
Avec vos officiers
Qui feign’nt de m’ignorer
Ah ! j’ les retiens les vach’s

Pourtant je vous l’avoue
Je les observe bien
Font-ils semblant de rien
En regardant partout
Ils me tournent le dos
Échangent à demi-mot
Pourquoi s’ donner tant d’mal
S’ils me fuient ces beaux mâl’s

Je suis l’amante religieuse
Des templ’s de la consommation
Et sans espoir de rédemption
Oui je cède à la tentation
Du vol à la tir’ attirance
Pour les beaux yeux de votre engeance
Chargée de la sécurité

Et ça fait des manièr’s
Tout ça me désespèr’
Je vais les attirer
Je veux me dévoiler
Au rayon lingerie
Vont-ils me négliger
Face aux dessous cachés
Plus question d’alibis

Non je ne nierai pas
Du rest’ j’avouerai mêm’
Ce qu’ils ne savaient pas
Je vois déjà la scèn’
Ils vont m’interroger
J’ les attends les mignons
À eux l’accusation
À moi d’ les fair’ chanter

Je suis l’amante religieuse
Des templ’s de la consommation
Et sans espoir de rédemption
Oui je cède à la tentation
Du vol à la tir’ attirance
Pour les beaux yeux de votre engeance
Chargée de la sécurité

S’ils veul’nt me dénoncer
À leurs autorités
Comment donc justifier
L’oubli de leur métier
Car au lieu d’arrêter
Les vols de magasin
Ils serrent entre leurs mains
L’objet de leur péché

Je suis l’amante religieuse
Des templ’s de la consommation
Et sans espoir de rédemption
Oui je cède à la tentation
Du vol à la tir’ attirance
Pour les beaux yeux de votre engeance
Chargée de la sécurité
Chargée de la sécurité
Chargée de la sécurité

Casse-têtes

Casse-têtes
Gébé - Michel Philippe-Gérard

Ils m’ont tapé sur la tête
Je ne rappell’ plus pourquoi
Ni même si ça m’a fait mal
Parc’ que j’en suis mort

Qu’est-c’ que j’étais déjà
Travailleur immigré philosoph’
Résistant caché dissident notoir’
Ou bien animal à fourrure

Je m’appelais comment déjà
José Abdel Argentino
Arabica Yann Patochka
Ou bien alors bébé phoque

Ils m’ont tapé sur la tête
Je ne rappell’ plus pourquoi
Ni même si ça m’a fait mal
Parce que j’en suis mort

M’a-t-on assommé pour mes idées
Ou pour fair’ de moi un manteau
Pour de l’argent ou la couleur de ma peau
J’ai un bout d’os dans la mémoire

Quand leurs pieds chaussés m’ont cerné
Étais-je allongé dans des draps
Ou bien couché sous la banquise
Ou est-ce que je sortais d’un café

Je suis mort dans la rue de l’ouest
Sur la glac’ du Nord ou chez les flics de l’Est
Ou dans la Pampa des casquett’s
À coup de triques noir’s

Est-c’ que je rêve de vengeance
De têt’s policièr’s éclatées
De têtes de chasseurs sanglantes
De têt’s de racist’s en purée

Ou bien est-c’ que je vois des têtes
Émerveillées d’elles-mêmes
Émerveillées de leur dedans
Et se découvrant nouveau monde

Je suis mort répondez pour moi
Je m’appelais Yann Patochka argentin
Et bébé phoque arabe
Maintenant ça me revient