Les textes
Les textes de l’album

JE VOUDRAIS DIRE
Guénaëlle L. - Bruno Courtin

Je voudrais dire des choses belles
nouvelles
cruelles
Mais mes mots restent terre-à-terre
binaires
ordinaires
Je voudrais dire des choses tendres
comprendre
attendre
Mais je vous parle d’aventures
peu sûres
nature

Je voudrais dire des choses ardentes
vibrantes
puissantes
Mais je reviens aux choses douces
qui poussent
en douce
Je voudrais dire des choses brunes
qui allument
la lune
Mais je prends des images pâles
banales
sociales

Ce que je dis
N’est pas toujours ce que je suis
La musique ne ment pas souvent
Ce qui me hant’
N’est pas pourtant ce que je chant’

Je voudrais dire des choses rondes
qui fondent
le monde
Mais je suis sur la route étroite
qui boite
maladroite
Je voudrais dire des choses fortes
qui portent
confortent
Mais je me coule dans la foule
qui roule
me saoule

Ce que je dis
N’est pas toujours ce que je suis
La musique ne ment pas souvent
Ce qui me hant’
N’est pas pourtant ce que je chant’

Je voudrais dire des choses habiles
fragiles
subtiles
Mais j’aime mieux quand ma parole
un peu folle
s’affole
Je voudrais dire des choses amènes
sans haine
sereine
Mais quand je joue parfois c’est drôle
ces rôles
vous frôlent

Ce que je dis
N’est pas toujours ce que je suis
La musique ne ment pas souvent
Ce qui me hant’
N’est pas pourtant ce que je chant’

Je voudrais que ceux qui écoutent
mes doutes
s’en doutent
Il suffirait que l’on comprenne
que ma peine
est humaine

LES HOMMES DE LA SECURITE
Gilles de Guérande / Guénaëlle L. - Bruno Courtin

Ce n’est que pour mon bien
Pas pour vous appauvrir
J’ n’ai pas d’autres moyens
Pour enfin les séduir’
Que de jouer à cach’-cach’
Avec vos officiers
Qui feign’nt de m’ignorer
Ah ! j’ les retiens les vach’s

Pourtant je vous l’avoue
Je les observe bien
Font-ils semblant de rien
En regardant partout
Ils me tournent le dos
Échangent à demi-mot
Pourquoi s’ donner tant d’mal
S’ils me fuient ces beaux mâl’s

Je suis l’amante religieuse
Des templ’s de la consommation
Et sans espoir de rédemption
Oui je cède à la tentation
Du vol à la tir’ attirance
Pour les beaux yeux de votre engeance
Chargée de la sécurité

Et ça fait des manièr’s
Tout ça me désespèr’
Je vais les attirer
Je veux me dévoiler
Au rayon lingerie
Vont-ils me négliger
Face aux dessous cachés
Plus question d’alibis

Non je ne nierai pas
Du rest’ j’avouerai mêm’
Ce qu’ils ne savaient pas
Je vois déjà la scèn’
Ils vont m’interroger
J’ les attends les mignons
À eux l’accusation
À moi d’ les fair’ chanter

Je suis l’amante religieuse
Des templ’s de la consommation
Et sans espoir de rédemption
Oui je cède à la tentation
Du vol à la tir’ attirance
Pour les beaux yeux de votre engeance
Chargée de la sécurité

S’ils veul’nt me dénoncer
À leurs autorités
Comment donc justifier
L’oubli de leur métier
Car au lieu d’arrêter
Les vols de magasin
Ils serrent entre leurs mains
L’objet de leur péché

Je suis l’amante religieuse
Des templ’s de la consommation
Et sans espoir de rédemption
Oui je cède à la tentation
Du vol à la tir’ attirance
Pour les beaux yeux de votre engeance
Chargée de la sécurité
Chargée de la sécurité
Chargée de la sécurité

CASSE-TÊTES
Gébé - Philippe Gérard

Ils m’ont tapé sur la tête
Je ne me rappell’ plus pourquoi
Ni même si ça m’a fait mal
Parc’ que j’en suis mort

Qu’est-c’ que j’étais déjà
Travailleur immigré philosoph’
Résistant caché dissident notoir’
Ou bien animal à fourrure

Je m’appelais comment déjà
José Abdel Argentino
Arabica Yann Patochka
Ou bien alors bébé phoque

Ils m’ont tapé sur la tête
Je ne me rappell’ plus pourquoi
Ni même si ça m’a fait mal
Parc’ que j’en suis mort

M’a-t-on assommé pour mes idées
Ou pour fair’ de moi un manteau
Pour de l’argent ou la couleur de ma peau
J’ai un bout d’os dans la mémoire

Quand leurs pieds chaussés m’ont cerné
Étais-je allongé dans des draps
Ou bien couché sous la banquise
Ou est-c’ que je sortais d’un café

Je suis mort dans la rue de l’Ouest
Sur la glac’ du Nord ou chez les flics de l’Est
Ou dans la Pampa des casquett’s
À coup de triques noir’s

Est-c’ que je rêve de vengeance
De têt’s policièr’s éclatées
De têtes de chasseurs sanglantes
De têt’s de racist’s en purée

Ou bien est-c’ que je vois des têtes
Émerveillées d’elles-mêmes
Émerveillées de leur dedans
Et se découvrant nouveau monde

Je suis mort répondez pour moi
Je m’appelais Yann Patochka argentin
Et bébé phoque arabe
Maintenant ça me revient

CE QU’IL FAIT
Guénaëlle L. - Bruno Courtin

Il m’enlac’
Il m’embrass’
Je fais fac’

Je le mords
Je me tords
Il m’explor’

Ce qu’il fait je le veux
Le silenc’ devient lourd
Quand je fais ce qu’il veut
Tous les mots restent sourds

Il me tient
Me rejoint
Se retient

Il m’attir’
Me désir’
Se retir’

Ce qu’il fait je le veux
Le silenc’ devient lourd
Quand je fais ce qu’il veut
Tous les mots restent sourds

Il me press’
Me caress’
Je m’empress’

Il me fouill’
Je m’embrouill’
Et je ...

CHANSON BETE
Guénaëlle L. - Bruno Courtin

Depuis qu’elle était tout’ petit’
Mado aimait les animaux
Mais d’vant elle ils prenaient la fuit’
Pour essayer d’sauver leur peau
Sans dout’ leur instinct de survie
Leur soufflait : « Elle est dangereus’ ! »
Son amour était infini
Mais les bêtes étaient malheureus’s
Car par ses soins

Elle étouffa son chat
Lui montrant trop sa joie
Son chien fut étranglé
Un collier trop serré
Son canari joli
L’écrasa dans son lit
Changea l’eau du bocal
Son poisson prit ça mal
La tortue s’est perdue
Et n’a pas survécu
La queue de l’écureuil
Fut coupée par un treuil
Cupidon le hamster
A fallu qu’on l’enterr’
Et mêm’ les escargots
En avaient plein le dos
À la fin plus aucun
Ne passait par ses mains

Sa mère trouvant au marché
Un’ statuett’ plutôt inform’
Lui dit : « Tu vas t’en contenter
Car vraiment tu dépass’ s les born’s. »
Mado examina la chos’
Se demandant quel animal
Pour un sculpteur avait pris pos’
Car on le reconnaissait mal

C’était un’ petit’ bête en bois
Qu’ell’ tenait enfin dans ses bras
En se disant eh ! bien ma foi
Cell’-là au moins ne mourra pas

Car elle avait

La tromp’ d’un éléphant
Mais pas de défens’ devant
Des oreill’s de lapin
Mais un bec de poussin
Le museau d’un p’tit veau
Et des patt’s de crapaud
Un’ bell’ crinièr’ de lion
Mais ros’ comme un cochon
Des écaill’s de boa
Des poils de chinchilla
Un’ corne de zébu
Avec des plum’s dessus
Des dents de caïmans
Des yeux d’orang-outang
Trois ail’s de chauv’-souris
Une langu’ d’okapi
Et la queue d’un lézard
C’était vraiment bizarr’

Et que pensez-vous qu’il advint
De cet objet inanimé
Mado comm’ la lampe d’Aladin
Ne cessant pas de l’astiquer
Objets avez-vous donc une âm’
Pourrait-on se redire encor’
Comme le voudraient parfois les femm’s
Ses rêves prenaient enfin corps

C’était un’ petit’ bête en bois
Qu’elle tenait enfin dans ses mains
En se disant eh ! bien ma foi
Cell’-là au moins ell’ m’ira bien

La bêt’ pouvait…

L’HOMME À LA MOTO
J. Dréjac - M. Stoller / J. Leiber

Il portait des culottes des bottes de moto
Un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos
Sa moto qui partait comme un boulet de canon
Semait la terreur dans toute la région

Jamais il ne se coiffait jamais il ne se lavait
Les ongles pleins de cambouis mais sur le biceps il avait
Un tatouage avec un coeur bleu sur la peau blêm’
Et juste à l’intérieur on lisait : " Maman je t’aim’ ! "
Il avait un’ petite amie du nom de Mary-Lou
On la prenait en pitié une enfant de son âg’
Car tout le monde savait bien qu’il aimait entre tout
Sa chienne de moto bien davantage

Il portait des culottes des bottes de moto
Un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos
Sa moto qui partait comme un boulet de canon
Semait la terreur dans toute la région

Mary-Lou la pauvre fille l’implora le supplia
Dit : " Ne pars pas ce soir je vais pleurer si tu t’en vas. "
Mais les mots furent perdus ses larmes pareillement
Dans le bruit de la machine et du tuyau d’échappement
Il bondit comme un diable avec des flammes dans les yeux
Au passage à niveau ce fut comme un éclair de feu
Contre une locomotiv’ qui filait vers le midi
Et quand on débarrassa les débris

On trouva sa culotte ses bottes de moto
Son blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos
Mais plus rien de la moto et plus rien de ce démon
Qui semait la terreur dans toute la région

TRANQUILLE
Guénaëlle L. - Bruno Courtin

J’étais tranquill’ j’étais peinard’
Comm’ le dit ce chanteur à text’
Après des mois de roucoulad’s
J’avais fait un’ croix sur le sex’
Je ne dois pas avoir de chanc’
Le dernier m’avait fatiguée
Pas à caus’ de ses performanc’s
Plutôt par manqu’ d’échang’s d’idées

Enfin la paix la solitud’
J’ peux reprendr’ mes p’tit’s habitud’s
J’ veux voir personn’ j’ veux qu’on m’oublie
Ma liberté est à ce prix
Je ne veux d’ rendez-vous qu’avec moi moi moi moi moi

J’avais bien réussi mon coup
Mêm’ les copains ne m’app’laient plus
Faut dir’ qu’ j’ les voyais plus du tout
Je sortais pas j’ai beaucoup lu
Quand un jour sur un SMS
Je lis : « Est-c’ que tu es chez toi ? »
Mais qui c’est c’ t’emmerdeur d’ mes fess’s
Un ex qui veut qu’on se revoie

Fous-moi la paix la solitud’
C’est mieux pour mes p’tit’s habitud’s
J’ veux voir personn’ j’ veux qu’on m’oublie
Ma liberté est à ce prix
Je ne veux d’ rendez-vous qu’avec moi moi moi moi moi

J’ pensais qu’il s’rait le seul mais non
Grâce à internet c’est magiqu’
On me r’trouv’ juste avec mon nom
J’ reçois des mails c’est fantastiqu’
Mêm’ sans m’inscrir’ sur fess’-machin
J’ai plein d’amis qui m’ veul’nt soudain
Des gens qu’ j’ai pas r’vu d’puis mille ans
Qu’étaient pas mes amis avant

Mais j’ veux la paix la solitud’
J’ veux garder mes p’tit’s habitud’s
J’ veux voir personn’ j’ veux qu’on m’oublie
Ma liberté est à ce prix
Je ne veux d’ rendez-vous qu’avec moi moi moi moi moi

MOI JE CRACHE DANS L’EAU
Honoré Tranchant - Jean Tranchant

Les femmes qui prennent des crises
Me font sourir’ éperdument
Moi lorsque j’ai trop la c’rise
Je vais sur un pont simplement
Là sans m’occuper des passants
Me penchant sur la balustrade
Je me livre à ce jeu charmant
Qui à lui seul vaut la balade

Moi j’ crach’ dans l’eau
Sur les poissons qui nagent
Ça fait des ronds rigolos
Et puis ça soulage

Bien sûr la vie est souvent âcre
Tous les jours n’ont pas leur beefsteak
Et l’amour est cheval de fiacre
Il rue au fond du coeur des mecs
Quand j’ai pas d’amant d’assuré
Et que j’ai l’âme par trop vide
Pour ne pas m’écouter pleurer
Et pas savoir si j’ai des rides

Moi j’ crach’ dans l’eau
Sur les poissons qui nagent
Ça fait des ronds rigolos
Et puis ça soulage

Au fond c’est pas heureux les femmes
Malgré ce qu’on dit tous les jours
Ça traîne son cœur et son âme
Au coin de tous les vieux carr’fours
Moi j’aime je vais et je viens
Quand je serai lasse de vivre
De cette existence de chien
J’irai sur le pont qui délivre

Moi j’ me foutrai à l’eau
Sur les poissons qui nagent
Pour fair’ des ronds rigolos
Et puis bon voyage

ZUMBA
(Prière à Zumba)
Jacques Larue - Agustin Lara

Dans la forêt on entend le tam-tam de partout
On entend le grand vent qui caresse en rêvant les bambous
Sous la grande idole rouge
On voit là-bas
Une forme qui bouge
Et dit tout bas
Un chant mystérieux un chant très doux ou ou ou ou ou

Zumba Zumba
Écoute-moi ah ah ah
Exauce enfin ma prière et ramène-moi
Vers celui que la rivière un jour emporta
Zumba Zumba
Tourne vers moi ah ah ah
Tes grands yeux pleins de lumière et ramène-moi
Dans ses bras Zumba Zumba

À ce moment la tornade a surgi tout à coup
La tornade a couvert le tam-tam et couché les bambous
Et la grande idole rouge
Aux yeux luisants
La grande idole rouge
En s´écrasant
Emporta dans les flots le chant si doux ou ou ou ou

Ah ah ah ah
Ah ah ah ah ah ah ah
Ainsi finit la prière un soir à Zumba
À présent dans la rivière un corps se débat
Zumba Zumba
Ah ah ah ah ah ah ah
Ainsi finit la prière un soir à Zumba
À Zumba Zumba Zumba
Ainsi finit la prière un soir à Zumba
À Zumba Zumba Zumba

LA VIE VA VITE
Guénaëlle L. - Guénaëlle L. / Laurent Chocron

Pourquoi vouloir sauver le monde
Si je n’ me sauve pas moi-mêm’
Faudra-t-il attendre la tombe
Pour me dire enfin : « Que je m’aim’. »
On a la place qu’on s’accorde
Diront les bien-intentionnés
Certains ont préféré la corde
Est-c’ que c’était pour mieux sauter
Mais

La vie va vite
La vie va vite
La vie va vit’ ça vivifie et ça vaut mieux quand on la veut
La vie va vite
La vie va vite
La vie va vit’ ça vivifie et ça vaut mieux quand on la veut

On fait des enfants sous les bombes
La vie a toujours des sursauts
Et jusqu’à la dernièr’ seconde
D’autres hésitent à fair’ le grand saut
Aux moments de désespérance
Si j’ai envie de les r’trouver
Ceux qui sont partis en avance
Me font sign’ qu’il vaut mieux rester
Si

La vie va vite
La vie va vite
La vie va vit’ ça vivifie et ça vaut mieux quand on la veut
La vie va vite
La vie va vite
La vie va vit’ ça vivifie et ça vaut mieux quand on la veut

Prévert Ferré et quelques autres
Auraient dit ça bien mieux que moi
Leurs mots sont bien souvent les nôtres
Je fais d’ mon mieux dans tous les cas
De Boris je prends ce poème
Paraît qu’ la vie c’est comme un’ dent
Et pour finir afin qu’on s’aime
Profitons-en on est vivant
Car

La vie va vite
La vie va vite
La vie va vit’ ça vivifie et ça vaut mieux quand on la veut
La vie va vite
La vie va vite
La vie va vit’ ça vivifie et ça vaut mieux quand on la veut

ELLE EST
Guénaëlle L. - Marc Delhaye

Elle est
Elle est tell’
Elle est tell’ qu’elle est mais
Elle est tell’ qu’elle est mais pas tell’ que tu voudrais

Le temps
Le temps pass’
Le temps passe tant dis
Le temps passe tant dis va ne t’en passe pas

Ell’ t’aim’
Ell’ t’aim’ mêm’
Ell’ t’aim’ même en semant
Ell’ t’aim’ même en semant tant d’amants tant d’amants

Prends-la
Prends la vie
Prends-la vite à temps toi
Prends-la vite attends-toi à laisser tout passer

Elle est
Elle est tell’
Elle est tell’ qu’elle est mais
Elle est tell’ qu’elle est mais pas tell’ que tu voudrais

Les mots
Les mots dits
Les mots dits avec ell’
Les mots dits avec ell’ restent dans ta pensée

Oublie
Oublie-les
Oublie les moments tels
Oublie les mots ment-elle ou pas quelle importanc’

Elle a
Elle attend
Elle a tant à te dir’
Elle a tant à te dir’ qu’ell’ ne t’attendra pas

Elle est
Elle est tell’
Elle est tell’ qu’elle est mais
Elle est tell’ qu’elle est mais pas tell’ que tu voudrais

Ell’ pens’
Ell’ pens’ oh
Ell’ pans’ aussi ses plaies
Ell’ pans’ aussi ses plaies avec ce que tu sais

La voix
La voix là
La voilà devant toi
La voilà devant toi sa muse ici c’est toi

Elle est
Elle est tell’
Elle est tell’ qu’elle essaie
Elle est tell’ qu’elle est c’est bien ce que tu voulais

Chanson bête

Chanson bête
Guénaëlle L. - Bruno Courtin

Depuis qu’elle était tout’ petit’
Mado aimait les animaux
Mais d’vant elle ils prenaient la fuit’
Pour essayer d’sauver leur peau
Sans dout’ leur instinct de survie
Leur soufflait : « Elle est dangereus’ ! »
Son amour était infini
Mais les bêtes étaient malheureus’s

Car par ses soins

Elle étouffa son chat
Lui montrant trop sa joie
Son chien fut étranglé
Un collier trop serré
Son canari joli
L’écrasa dans son lit
Changea l’eau du bocal
Son poisson prit ça mal
La tortue s’est perdue
Et n’a pas survécu
La queue de l’écureuil
Fut coupée par un treuil
Cupidon le hamster
A fallu qu’on l’enterr’
Et mêm’ les escargots
En avaient plein le dos
À la fin plus aucun
Ne passait par ses mains

Sa mère trouvant au marché
Un’ statuett’ plutôt inform’
Lui dit : « Tu vas t’en contenter
Car vraiment tu dépass’s les born’s. »
Mado examina la chos’
Se demandant quel animal
Pour un sculpteur avait pris pos’
Car on le reconnaissait mal

C’était un’ petit’ bête en bois
Qu’ell’ tenait enfin dans ses bras
En se disant eh ! bien ma foi
Cell’-là au moins ne mourra pas

Car elle avait

La tromp’ d’un éléphant
Mais pas de défens’ devant
Des oreill’s de lapin
Mais un bec de poussin
Le museau d’un p’tit veau
Et des patt’s de crapaud
Un’ bell’ crinièr’ de lion
Mais ros’ comme un cochon
Des écaill’s de boa
Des poils de chinchilla
Un’ corne de zébu
Avec des plum’s dessus
Un’ dent de caïman
Deux yeux d’orang-outang
Trois ail’s de chauv’-souris
Une langu’ d’okapi
Et la queue d’un lézard
C’était vraiment bizarr’

Et que pensez-vous qu’il advint
De cet objet inanimé
Mado comm’ la lampe d’Aladin
Ne cessant pas de l’astiquer
Objets avez-vous donc une âm’
Pourrait-on se redire encor’
Comm’ le voudraient parfois les femm’s
Ses rêves prenaient enfin corps

C’était un’ petit’ bête en bois
Qu’elle tenait enfin dans ses mains
En se disant eh ! bien ma foi
Cell’-là au moins ell’ m’ira bien

La bêt’ pouvait
…………………………
…………………………

Les textes de l’album
Je voudrais dire

Je voudrais dire
Guénaëlle L. - Bruno Courtin

Je voudrais dire des choses belles
nouvelles
cruelles
Mais mes mots restent terre-à-terre
binaires
ordinaires
Je voudrais dire des choses tendres
comprendre
attendre
Mais je vous parle d’aventures
peu sûres
nature

Je voudrais dire des choses ardentes
vibrantes
puissantes
Mais je reviens aux choses douces
qui poussent
en douce
Je voudrais dire des choses brunes
qui allument
la lune
Mais je prends des images pâles
banales
sociales

Ce que je dis
N’est pas toujours ce que je suis
La musique ne ment pas souvent
Ce qui me hant’
N’est pas pourtant ce que je chant’

Je voudrais dire des choses rondes
qui fondent
le monde
Mais je suis sur la route étroite
qui boite
maladroite
Je voudrais dire des choses fortes
qui portent
confortent
Mais je me coule dans la foule
qui roule
me saoule

Ce que je dis
N’est pas toujours ce que je suis
La musique ne ment pas souvent
Ce qui me hant’
N’est pas pourtant ce que je chant’

Je voudrais dire des choses habiles
fragiles
subtiles
Mais j’aime mieux quand ma parole
un peu folle
s’affole
Je voudrais dire des choses amènes
sans haine
sereine
Mais quand je joue parfois c’est drôle
ces rôles
vous frôlent

Ce que je dis
N’est pas toujours ce que je suis
La musique ne ment pas souvent
Ce qui me hant’
N’est pas pourtant ce que je chant’

Je voudrais que ceux qui écoutent
mes doutes
s’en doutent
Il suffirait que l’on comprenne
que ma peine
est humaine

Les hommes de la sécurité

Les hommes de la sécurité
Gilles de Guérande / Guénaëlle L. - Bruno Courtin

Ce n’est que pour mon bien
Pas pour vous appauvrir
J’ n’ai pas d’autres moyens
Pour enfin les séduir’
Que de jouer à cach’-cach’
Avec vos officiers
Qui feign’nt de m’ignorer
Ah ! j’ les retiens les vach’s

Pourtant je vous l’avoue
Je les observe bien
Font-ils semblant de rien
En regardant partout
Ils me tournent le dos
Échangent à demi-mot
Pourquoi s’ donner tant d’mal
S’ils me fuient ces beaux mâl’s

Je suis l’amante religieuse
Des templ’s de la consommation
Et sans espoir de rédemption
Oui je cède à la tentation
Du vol à la tir’ attirance
Pour les beaux yeux de votre engeance
Chargée de la sécurité

Et ça fait des manièr’s
Tout ça me désespèr’
Je vais les attirer
Je veux me dévoiler
Au rayon lingerie
Vont-ils me négliger
Face aux dessous cachés
Plus question d’alibis

Non je ne nierai pas
Du rest’ j’avouerai mêm’
Ce qu’ils ne savaient pas
Je vois déjà la scèn’
Ils vont m’interroger
J’ les attends les mignons
À eux l’accusation
À moi d’ les fair’ chanter

Je suis l’amante religieuse
Des templ’s de la consommation
Et sans espoir de rédemption
Oui je cède à la tentation
Du vol à la tir’ attirance
Pour les beaux yeux de votre engeance
Chargée de la sécurité

S’ils veul’nt me dénoncer
À leurs autorités
Comment donc justifier
L’oubli de leur métier
Car au lieu d’arrêter
Les vols de magasin
Ils serrent entre leurs mains
L’objet de leur péché

Je suis l’amante religieuse
Des templ’s de la consommation
Et sans espoir de rédemption
Oui je cède à la tentation
Du vol à la tir’ attirance
Pour les beaux yeux de votre engeance
Chargée de la sécurité
Chargée de la sécurité
Chargée de la sécurité

Casse-têtes

Casse-têtes
Gébé - Michel Philippe-Gérard

Ils m’ont tapé sur la tête
Je ne rappell’ plus pourquoi
Ni même si ça m’a fait mal
Parc’ que j’en suis mort

Qu’est-c’ que j’étais déjà
Travailleur immigré philosoph’
Résistant caché dissident notoir’
Ou bien animal à fourrure

Je m’appelais comment déjà
José Abdel Argentino
Arabica Yann Patochka
Ou bien alors bébé phoque

Ils m’ont tapé sur la tête
Je ne rappell’ plus pourquoi
Ni même si ça m’a fait mal
Parce que j’en suis mort

M’a-t-on assommé pour mes idées
Ou pour fair’ de moi un manteau
Pour de l’argent ou la couleur de ma peau
J’ai un bout d’os dans la mémoire

Quand leurs pieds chaussés m’ont cerné
Étais-je allongé dans des draps
Ou bien couché sous la banquise
Ou est-ce que je sortais d’un café

Je suis mort dans la rue de l’ouest
Sur la glac’ du Nord ou chez les flics de l’Est
Ou dans la Pampa des casquett’s
À coup de triques noir’s

Est-c’ que je rêve de vengeance
De têt’s policièr’s éclatées
De têtes de chasseurs sanglantes
De têt’s de racist’s en purée

Ou bien est-c’ que je vois des têtes
Émerveillées d’elles-mêmes
Émerveillées de leur dedans
Et se découvrant nouveau monde

Je suis mort répondez pour moi
Je m’appelais Yann Patochka argentin
Et bébé phoque arabe
Maintenant ça me revient

Ce qu’il fait

Ce qu’il fait
Guénaëlle L. - Bruno Courtin

Il m’enlac’
Il m’embrass’
Je fais fac’

Je le mords
Je me tords
Il m’explor’

Ce qu’il fait je le veux
Le silenc’ devient lourd
Quand je fais ce qu’il veut
Tous les mots restent sourds

Il me tient
Me rejoint
Se retient

Il m’attir’
Me désir’
Se retir’

Ce qu’il fait je le veux
Le silenc’ devient lourd
Quand je fais ce qu’il veut
Tous les mots restent sourds

Il me press’
Me caress’
Je m’empress’

Il me fouill’
Je m’embrouill’
Et je ...